Lundi 28 juin 2010 1 28 /06 /Juin /2010 18:05

25 mai 2010 08h45 | Par J.- J. N.

 Bataille contre le projet de carrière au massif de Moncaut

 

Les opposants au projet de carrière de lherzolite ont organisé hier une balade pique-nique sur le siteen-route-vers-le-moncaut.jpg

Les uns à pied, les autres à cheval, 280 personnes ont répondu lundi à l'appel lancé par l'association des Amis de Moncaut. Opposée à l'implantation d'une carrière de lherzolite dans un site naturel remarquable, celle-ci avait convié tous ceux qui le souhaitaient à participer lundi à une balade pique-nique, organisée à l'endroit où ce projet pourrait voir le jour (« Sud Ouest » du 17 mai).

La lherzolite est une roche dure, et affleurant rarement, utilisée pour les revêtements routiers et les ballasts ferroviaires. Rien n'est encore fait. Mais la décision prise par la commune de Bruges, propriétaire des terrains, de signer un bail de trente ans avec la société des Carrières Daniel, qui sont installées à Lescar, ne manque pas de susciter bien des inquiétudes. En particulier autour du hameau voisin de Pédéhourat, qui fait partie Louvie-Juzon.

 

L'eau et l'élevage

« Le sommet rocheux de Moncaut constitue un château d'eau naturel, une sorte de gigantesque éponge » expliquent les membres de l'association. Le cirque montagneux au milieu duquel il est situé voit en effet naître tous les ruisseaux sources qui alimentent la vallée, dont le Baset qui forme ensuite le Béez, et se jette à Nay dans le gave de Pau.

L'implantation d'une carrière dans ce lieu, situé en prime dans une zone Natura 2000, risquerait donc, selon eux, de porter préjudice à « la qualité irréprochable » de l'eau coulant de ce bassin versant. Un problème dont s'est déjà ému Romain Veau, un habitant du secteur, qui a déposé le 15 mars dernier un projet de reprise de pisciculture auprès de la Direction départementale des territoires.

Hier, une nouvelle fois, les opposants au projet se sont également inquiétés des conséquences qu'une exploitation de lherzolite pourrait avoir sur l'activité pastorale menée dans ce secteur d'élevage (vaches, juments, brebis). D'autant plus, expliquent-ils, que l'on ignore encore où pourraient passer les camions : par l'unique et étroit chemin d'accès, ou bien par une piste ouverte en forêt, à flanc de montagne. « Des baux ancestraux ne risquent-ils pas d'être enlevés ? Et l'on ne parle pas des nuisances sonores, ni de la poussière ».

La pétition se poursuit

La balade pique-nique organisée hier a permis de compléter la signature de la pétition lancée par les Amis de Moncaut qui ont déjà recueillis 550 soutiens. « Nous ne sommes pas contre le progrès et nous comprenons bien qu'il faut des carrières. Mais l'implantation de celles-ci doit être bien choisie. On ne peut pas faire n'importe quoi », estimait l'un de leurs adhérents.

Présent aux côtés des marcheurs, le conseiller régional David Grosclaude (Europe Écologie) s'était pour sa part déplacé d'Artix. « Je m'interroge sur l'utilité des projets d'infrastructures que ce type d'implantation sous-tend » confiait-il. « Par exemple, la réalisation d'une voie nouvelle entre Pau et Oloron. Je ne vois en effet pas pourquoi on mettrait de l'argent dans ce type de liaison, qui ne sert à rien, et pour qui on installerait une carrière ici. Alors que l'on peut sécuriser la RN 134 et rénover la ligne ferroviaire qui existe déjà, en la prolongeant vers Canfranc ».

« On assiste là aux dommages collatéraux que peuvent provoquer de grands projets, du type autoroutes ou LGV. Sachant qu'en plus, l'État se désengage de ses obligations financières sur les collectivités locales ». Un point de vue exprimé parmi d'autres, lundi.

 lire l'article sur le site :

 http://www.sudouest.fr/2010/05/25/bataille-contre-le-projet-de-carriere-au-massif-de-moncaut-100376-4257.php

 

Par claac - Publié dans : projet carrière Moncaut(Pédéhourat à Louvie-Juzon)
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 19:07

 

     

   pedéhourat village   

moncautÉcrit par Jean-Sébastien Mora

 

Coût, avantages surestimés et désastre environnemental, les arguments des militants et des associations opposés aux nouvelles LGV font particulièrement débats dans ces régionales Aquitaine. Les conséquences secondaires liés à ces projets ferroviaires restent cependant moins abordés : Si la ligne de LGV doit passer à 50 km de là, Pédéhourat, un petit village béarnais proche de la vallée d'Ossau, vit pleinement la construction de la ligne comme une menace.

« Pe deu horat », (littéralement le pied du trou en béarnais) est qualifié par les géologues et les environnementalistes de site naturel exceptionnel : Absence de route goudronnée dans toute la vallée du Durr, zone maximale d'adhésion du Parc National, présence d'espèces remarquables comme l'Ours ou le Desman, dépôts triasiques très fragiles etc. Malheureusement, les montagnes qui culminent à 1600m renferment aussi de la Lherzolite une roche magmatique (1) très dure indispensable dans la constitution des ballasts des voies ferrés.

 

A Pédéhourat, la société de carrière Daniel entend donc exploiter le Moncaut, une butte de 15 Ha concentrant cette roche magmatique si particulière. Parmi les travaux, un tapis roulant de 4Km est évoqué par la société. Un marché serait-il en train de naître ? C'est probable car les projets de LGV, l'A65 et l'élargissement de l'A63 ont fait des granulats une denrée rare. Après l’air et l’eau, les "cailloux de toutes tailles" sont aujourd’hui la troisième ressource naturelle la plus consommée dans le monde. 10 000 tonnes de granulats sont nécessaire pour la réalisation d’1 kilomètre de voie ferrée et 30 000 tonnes pour finaliser 1 kilomètre d’autoroute. Les deux plus grandes sociétés de carrières GSM et Daniel sont donc sur le quivive.

 

Selon l'UNICEM (l'Union nationale des industries de carrières et matériaux de constructions) la production des Pyrénées Atlantiques tourne déjà au alentour de 7 millions de tonnes de Granulats mais dans le grand Sud Ouest, seules les Pyrénées sont en mesure de fournir les roches magmatiques (1), si utiles aux voies ferrés. Ces dernières semaines d'Hendaye au Sud de Toulouse, les projets de carrières fleurissent. Une démarche d'autant plus légitime pour les pro-carrières qu'aujourd'hui, pour faire face à la demande très forte, on importe du cailloux du nord de l'Europe : en janvier dernier, un bateau chargé de roche éruptives Scandinaves a ainsi amarré au port de Bayonne.

Une population désarmée
Face à cette logique, à Pédéhourat, le groupement pastoral, les riverains, les chasseurs et les écologistes regroupés dans un même collectif dénoncent un projet désastreux qui se traduira forcément par du bruit, de la poussière, par le passages de camions, mais aussi par le saccage du milieu naturel et la contamination éventuelle de sources. Sans remettre en question la pertinence de certaines carrières, dans le cas de Pédéhourat, le géologue Jacques Boeur s'insurge : « Ce projet est un non-sens ! Le Moncaut est un patrimoine géologique, un petit écrin naturel. » Les carrières les deuxième effet LGV ? Ici le lien se noue rapidement dans les esprits : « On nous vante le Pau-Madrid en trois heures. Qu'est ce que j'en ai à faire? Je ne vais pas à Madrid et je veux vivre ici, comme avant » regrette un habitant du piémont Béarnais.

 

Désaccord notoire, la carrière risque pourtant bien de voir le jour. Le secteur fait partit de la zone natura 2000, mais les Pyrénées-Atlantiques sont le parent pauvre du projet puisque les documents d'objectif ne sont pas arrêtés. D'autant plus que les tenants et les aboutissants du dossier sont complexes. Si le village de 40 âmes dépend de la commune de Louvie-Juzon, la commune de Bruges (2) est propriétaire de terrains depuis un droit à paitre et à couper du bois qui date du XIV siècle. Aujourd'hui, le droit à la propriété comparable à celui d'un privé existe encore et s'étend sur une surface de 34 km² au dessus du village de Pédéhourat. On a convaincu le conseil municipal de Bruges de l'intérêt « national » de la LGV, tout en lui promettant des rentrées financières importantes. Sans consulter ses administrés, ni ceux de Pédéhourat, le conseil municipal Brugeois a finalement signé une convention avec la carrière Daniel, permettant à ce dernier l'extraction de la Lherzolite. Le dossier est aujourd'hui entre les mains du préfet Philippe Rey. Après une étude d'impact, c'est le représentant de l'Etat qui devra trancher.

 

Pour l'environnementaliste Jean Charles Roussel, si les associations ne font pas valoir des éléments bien documentés, l'étude d'impact durant deux mois s'apparente davantage à une formalité, poussé par un rouleau compresseur administratif. Ces dernières années, les militants écologistes peuvent se targuer d'avoir fait avorter les carrières de Saint Martin d'Arbéroue (au Pays Basque) ou celle d'Izeste (en Béarn). Dans ces nouvelles luttes qui naissent, défendre des intérêts environnementaux sera certainement plus difficiles. En effet, les caristes vantent actuellement leur activité comme d'utilité durable, pour l'environnement et l'agriculture, un peu à l'image des politiques, qui en repeignant  leur discours en vert ont trouvé des arguments à écrire sur leurs plaquettes de campagne.

 

 

(1)Les roches magmatiques, également désignées sous le vocable de roches ignées, voire comme roches éruptives, se forment quand un magma refroidit et se solidifie, avec ou sans cristallisation complète des minéraux le composant. C'est le cas du granit.

(2) Le nom béarnais du village est Pelacan. Le nom de Bruges provient vraisemblablement de la ville flamande de Bruges où le seigneur béarnais et vicomte de Foix Béarn Gaston Fébus séjourna l' année de la création du village.

Semaine du 22/03/2010  - Environnement

http://www.paysbasqueinfo.com/index.php?

 

Par claac-pyrenees-atlantiques.over-blog.com - Publié dans : projet carrière Moncaut(Pédéhourat à Louvie-Juzon)
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 16:25

Nouvelle image7

A propos du projet Soubercaze

de carrière de granulats sur Iseste-Bielle

 

Dans 5 ans, la carrière de Coustey, exploitée par l’entreprise Soubercaze à Rébénacq, sera épuisée. Pour assurer la continuité de l’activité, celle-ci a acheté une trentaine d’hectares sur Iseste et Bielle afin d’y installer une nouvelle carrière. Laquelle aurait une durée de vie de 30 à 50 ans (18 ans sur Bielle, puis 25 sur Iseste). Les 15 emplois actuels seraient transférés sur ce site.

L’accès à la carrière se ferait par un chemin privé de 8 m de large, qui débouchera sur le giratoire de la déviation d’Iseste, au niveau de l’EPSA.

L’entreprise prévoit que, pour une capacité de production maximale des installations prévues de 600 000 t/an, la production se situera autour de 400 000 t/an, soit 1 250 t/jour – atteinte  dans les 10 ans après démarrage ; soit encore l’équivalent par jour de 50 camions de 25 tonnes… (Dans le paragraphe ci-après concernant les problèmes de circulation, quelques correctifs ont été apportés à ces estimations.)

 

Les différentes étapes du projet iseste eglise

 

• Le projet a été notifié à la mairie d’Iseste dès fin 2006, puis présenté par le demandeur et un responsable d’Hydro-m, son bureau d’études toulousain, à son conseil municipal en mars 2007. Le 12 juillet 2007, le CM d’Iseste l’a rejeté à l’unanimité – puis a réitéré sa décision le 9 février 2008, à l’occasion d’une demande d’avis sur une esquisse paysagère concernant la réhabilitation des lieux après exploitation. Vers la même époque, le 29 janvier 2008, la mairie de Bielle donnait un avis favorable au projet.

La dernière étude d’impacts, réalisée par Hydro-m pour le compte de la SARL Soubercaze et Fils, date d’avril 2009. S’y est ajoutée en mai une étude d’impact paysagère produite par l’ECEP. Avec les diverses pièces émanant de l’administration ou du Conseil général et des municipalités d’Iseste et de Bielle, ces documents constituent le dossier de demande d’ouverture de carrière, lequel devrait être déposé en préfecture courant 2009.

 

• Parmi les pièces jointes au dossier de demande d’agrément qui doit être transmis à la préfecture : les extraits du registre des délibérations des conseils municipaux de Bielle et Iseste ; un courrier du Service régional d’archéologie du 22 mai 2007 ; une autorisation de raccordement de la voie d’accès à la carrière au giratoire de la déviation d’Iseste, du Service des infrastructures du Conseil général, du 18 janvier 2008 ; toujours de ce service, en date du 19 novembre 2008, l’acceptation du projet d’alimentation en eau de la carrière à partir du gave ; une prétendue expertise géologique et hydrogéologique effectuée par un certain B. Muratet en janvier 2009 ; un récépissé de dépôt d’une demande de permis de construire déposée en mairie d’Iseste le 7 avril 2009 ; un courrier de la DDEA concernant l’autorisation de défrichage, notifiant que s’il n’y avait  réponse dans les 8 mois à compter du 13 février 2009, la demande serait rejetée – nous n’avons pu vérifier si la demande a été acceptée.

 

• L’emprise foncière globale de la propriété de la SARL est de 30 ha, dans laquelle s’inscrit la surface d’extraction. La demande d’autorisation intéresse 16,60 ha : elle comprend, outre le périmètre d’extraction de 13,60 ha, les voies d’accès et l’ensemble des installations. Les 30 ha se répartissent approximativement pour moitié sur chacun des territoires de Bielle (lieudit Trescaze) et d’Iseste (site d’Artigue-Mayou).

Bielle s’étant donné un PLU (plan local d’urbanisme) et les 16 ha du périmètre envisagé sur son territoire y figurant en zone naturelle, il était nécessaire de procéder, dans un premier temps, à un déclassement : par arrêté municipal du 28 août 2009, décision a ainsi été prise de présenter le dossier à l’enquête publique. Celle-ci a eu lieu du 22 septembre au 22 octobre 2009 en mairie de Bielle. Le commissaire enquêteur a remis ses conclusions le 13 novembre suivant et a émis un avis favorable à la demande de révision.

A noter que c’est à la procédure de révision simplifiée que l’on a eu recours car l’opération, quoique privée, présentait, aux dires du commissaire enquêteur, « un intérêt général pour la commune (taxe professionnelle, maintien de l’emploi et développement économique dans la vallée) et pour le département [besoins en granulats dans un avenir proche] » !

 

• L’enquête d’utilité publique concernant la création de la carrière, à l’issue de la demande proprement dite d’autorisation d’exploiter – peut-être a-t-elle déjà été enregistrée ? –, sera étendue à l’ensemble des communes comprises dans un rayon de 3 km. On peut s’attendre à une décision de mise en œuvre imminente…

 

Remarque. Dans ce rappel chronologique, un point mérite d’être noté : initialement, Soubercaze prévoyait de remettre en début d’été 2007 son dossier à la préfecture… A quelle raison imputer le décalage d’une année dans la démarche ? Faut-il y voir les conséquences de l’opposition de la mairie d’Iseste – dont il n’est jamais fait état dans les textes ultérieurs – ou de l’intervention de la LPO (Ligue de protection des oiseaux) réclamant la prise en compte de l’existence d’un couple de percnoptères et de plusieurs espèces de chiroptères dans le voisinage – demande qui, aux dires d’Hydro-m, aura déterminé une modification du périmètre initial de l’exploitation –, ou encore, s’agissant des parcelles sur Bielle, l’oubli du préalable d’une procédure d’autorisation de déclassement ?  

 

 

Trois considérations générales

 

• Bien évidemment, les préoccupations environnementales et sociales développées dans les documents d’impacts présentés par les Soubercaze répondent parfaitement aux exigences légales… Pourtant, je ne crois pas qu’il soit utile d’entrer dans le détail des mesures promises ni d’en faire la critique : car les tableaux présentés sur la carrière de Louvie démontrant l’absence relativement systématique de mise en œuvre des mesures annoncées dans les études d’impacts – des études commandées par l’entreprise ! – et sur lesquelles « s’appuient exclusivement les commissaires enquêteurs […], sans aucune vérification », à eux seuls démontrent l’erreur qu’il y aurait à se contenter de critiquer point par point la validité desdites mesures.

Ajoutons à cela que les autorités administratives n’effectuent pratiquement aucun contrôle sérieux sur les dégâts d’exploitation, y compris lorsqu’il y a non-respect évident de la réglementation.  

 

• La vallée d’Ossau serait, selon la commission départementale des carrières, le seul territoire à pouvoir fournir dans les Pyrénées-Atlantiques un granulat calcaire de qualité. Concernant Soubercaze, c’est exact, en raison de la proximité. Mais on peut en douter quand, par exemple, Daniel explique ce 13 janvier en mairie de Louvie-Juzon qu’il a prospecté le piémont pyrénéen, de l’Ariège au Pays basque, en vue d’accroître ses volumes de production – il aurait même pris des contacts au Maroc !

Interrogé par le commissaire enquêteur de Bielle, un responsable de la DRIRE lui a fait savoir que les besoins actuels du département en granulats étaient satisfaits – j’ajouterai : à tel point que Laborde aurait même licencié une douzaine de travailleurs et que Lacrouts-Lafarge aurait connu quelques difficultés en 2008 –, mais qu’à court terme il y aurait nécessité d’ouvrir de grandes carrières pour répondre aux marchés créés pour la réalisation des voies à grande vitesse, routières et ferroviaires.

Dans ces conditions, prendre position contre les LGV et autres autoroutes en Aquitaine impose évidemment de s’opposer à de tels projets de carrières.

 

• Le commissaire enquêteur confirme que le projet est d’intérêt général, pour Bielle comme pour le département (production de granulats). Il note toutefois qu’Hydro-m a démagogiquement exagéré ses incidences écologiques pour mieux en minimiser les conséquences économiques et sociales hors la commune de Bielle.

J’estime que, loin de créer durablement des emplois et des revenus, ce genre d’activité ne peut qu’en détruire (tourisme familial, production de fromages et de viande de haute qualité). En revanche, il est évident que la mairie pourra bénéficier de quelques royalties sans qu’aucun Biellois n’ait à supporter le moindre désagrément.

  pas de carrière en ossau

Pour ma part, je considère que les vallées d’Aspe et d’Ossau sont parmi les rares endroits d’une grande beauté encore relativement préservés. Et que ce qui porte atteinte à la possibilité d’un développement local, c'est-à-dire susceptible de mettre en valeur les potentialités existantes, est à exclure. La nature largement agro-pastorale de la majeure partie de l’agriculture ossaloise (et de la vallée d’Aspe) lui a permis de se tenir relativement à l’écart des normes industrielles de la monoculture de plaine.

A telle enseigne qu’on pourrait facilement imaginer d’orienter une bonne partie des exploitations de la vallée vers la bio ou, du moins, vers un retour à des pratiques paysannes respectueuses de la terre et du milieu – cela serait agronomiquement aisé : des sols fertiles et peu contaminés. Le développement de productions agricoles de haute qualité pourrait logiquement être associé à l’essor d’un tourisme local conçu dans l’optique d’une convivialité accrue, loin des modèles industriels du type Formigal, ou même Gourette…

Car un paysage harmonieux, un environnement relativement sain, une société où tous les rapports ne sont pas devenus mercantiles, constituent aujourd’hui des patrimoines devenus rares et qu’il faudrait enfin cesser de gaspiller.

Et n’est-ce pas aussi porter atteinte au patrimoine économique du piémont pyrénéen que de réduire la pierre en granulats plutôt que de la préserver pour un avenir où marbre, pierre taillée ou non, chaux hydraulique et aérienne, ressources locales, retrouveraient leur juste place dans la construction, place que les multinationales du bâtiment leur ont ravie au profit du ciment et du béton ?

 

Concernant le projet lui-même

 

A la lecture des documents et de l’étude d’impacts, apparaissent un certain nombre d’anomalies et de silences. Parmi eux, quelques-uns sont ici abordés.

 

•  Apparemment, aucune étude sérieuse sur le plan hydrogéologique : celle de Muratet, datée de janvier 2009, précise que les données « exposées sont issues d’une étude effectuée en mai 2004 pour la carrière de Coustey à Rébénacq ». Rien n’est donc dit sur les sources, la nappe phréatique ou des capacités de stockage hydraulique des calcaires urgoniens (roches magasins), et leurs débouchés dans le karst de la zone concernée. Et que dire du prélèvement par pompage dans le gave, de juin à octobre, d’un appoint d’eau pour arrosage et lavage d’un débit maximum de 6 m3/h ?  

De plus, malgré toutes les précautions prises pour limiter les pollutions (liquides et aériennes), il y aura inévitablement quelques contaminations souterraines – mais qui, selon les auteurs, vu leur niveau de dilution, seraient d’une nocivité négligeable.

 

Peut-être cela explique-t-il les inquiétudes dont la Société des eaux minérales d’Ogeu a fait part à la mairie d’Iseste par lettre du 2/02/09 ; en effet, le territoire de la commune fait partie d’une zone sensible à proximité du périmètre de protection des eaux d’Ogeu – par arrêté préfectoral du 26/11/08, il est précisé : « Une zone sensible recouvre la zone d’alimentation principale de l’aquifère [d’où provient la source du Roy captée par la société]. Les communes d’Arudy, Izeste et Oloron, en plus de l’ONF, sont informées sur sa vulnérabilité potentielle. »

C’est ainsi que  le 30 mars 2010  le conseil municipal d’Iseste a réitéré «  son avis défavorable à la réalisation de cette carrière sur le territoire d’Iseste », arguant de l’argument supplémentaire que « cet arrêté stipule que la commune d’Iseste se place sur la zone sensible éloignée de la source du Roy ».

 

Les problèmes de circulation : même si Soubercaze respectait intégralement l’ensemble des mesures détaillées dans son étude d’impact, le nombre de passages quotidiens de poids lourds pour évacuer les 400 000 t annuels prévus provoquerait une série de nuisances graves pour la population locale, ses activités (tourisme, agriculture, élevage, randonnées, pêche, chasse…) et un environnement jusque-là relativement préservé.

Ajoutons au tableau que les retours des 50 poids lourds de 25 tonnes/jour ont été oubliés, soit 100 passages /jour et non 50 ; que la charge de 25 tonnes  représente un maximum : c’est dire que le nombre de camions en circulation sera évidemment supérieur à 50 ; et enfin que les 1 250 t/jour de granulat ont été calculés sur la base de 320 jours ouvrables (!) au lieu des 230 généralement admis : sur cette seule base, il y aurait donc approximativement 1 750 tonnes à exporter quotidiennement, soit plus de 2 x 70 camions…

 

Selon Hydro-m, le passage de 50 camions de 25 tonnes n’augmenterait  le trafic sur la D 934 que de 1,7 %, « ce qui reste dans les limites de l’évolution générale du trafic routier depuis une trentaine d’années » ; pour ce cabinet donc, non seulement, la réduction du trafic routier n’est pas à l’ordre du jour, mais de plus l’équation 1 poids lourd = 1 voiture est à la base de son raisonnement ! A ne considérer que les vibrations provoquées par le passage d’un camion et l’ampleur des dégâts sur les chaussées dont il est statistiquement responsable (équivalents à ceux de plusieurs milliers de voitures particulières, m’a-t-on assuré), on peut rester abasourdis par ce genre de propos…

 

Il est précisé que la moitié du tonnage sera dirigé vers Oloron, l’autre moitié vers Pau. Mais sur la question des voies d’acheminement au-delà de la déviation d’Iseste, Hydro-m reste évasif : tantôt, il est affirmé que Louvie-Juzon et Iseste seront à l’écart de ces passages, tantôt, il n’est plus question que d’Iseste, ce qui laisserait entendre que les camions engagés dans la déviation et se dirigeant vers Pau déboucheraient sur la D 934 et emprunteraient l’actuel pont de Louvie (dit pont Doumer) sur le gave… Or celui-ci, dont les piles reposent sur des pieux, ne tarderait pas à s’affaisser ! 

Ainsi, pour ses seuls besoins, la carrière de Bielle-Iseste impliquerait en fait la réalisation de deux voies de grande largeur : l’une joignant l’amont de Buzy à la route Pau-Oloron au niveau de Bélair ; l’autre – avancée par le maire de Louvie, d’après une lettre de Baylaucq au commissaire enquêteur – partant du rond-point d’Iseste-Arudy vers le four à chaux et qui, une fois franchi le parcours de santé d’Arudy, traverserait le gave pour aboutir sur la D 934 au niveau de la déchetterie de Louvie.

 

Bref, la multiplication des transports de pondéreux par semi-remorques impose de créer des déviations – assez larges pour que 2 camions puissent se croiser – afin d’éviter les voies souvent étroites des villages et les perturbations aux dépens des riverains.

A charge, bien entendu, pour les collectivités de financer ces investissements et leur entretien !

 

Coût de l’acheminement du granulat.

 

L’étude d’impact ne fait aucune mention du coût des infrastructures à créer pour assurer le transfert de la production jusqu’aux voies routières existantes ; ce qui signifie clairement que les investissements nécessaires (déviations, ouvrages d’art…) – mis à part le chemin débouchant sur le giratoire de l’actuelle déviation d’Iseste – seront à la charge des collectivités locales alors même qu’ils ne bénéficieront qu’à une seule entreprise pour ses transactions sur des  marchés éloignés !

Il est vrai qu’une solution alternative par transport ferroviaire est esquissée par Hydro-m : la remise en activité de la gare d’Arudy, ce qui permettrait d’acheminer le fret aussi bien vers Oloron que vers Pau… Laquelle pourrait bénéficier à la population locale.

 

Sur les aspects financiers du projet.

 

La SARL Soubercaze est actuellement une entreprise artisanale de taille modeste et travaillant avec une clientèle locale :

–        Avec une production annuelle d’environ 50 000 t (dont blocs d’enrochement)…

–        13 à 15 employés, dont 5 chauffeurs, et 2 semi-remorques.

–        Capital social : 38 000 .

–        Chiffre d’affaires au 31/03/09 : 2 260 000 € (en diminution d’environ 15 % par rapport à celui du 31/03/08).

 

Vu l’épuisement de la carrière de Coustey dans les 5 ans à venir, celle projetée à Iseste-Bielle prendrait le relais. Jean Soubercaze, proche de la retraite, prépare ainsi sa succession : un des fils, ingénieur sur Bordeaux, prendrait la direction de l’entreprise (c’est ce qui est dit par les intéressés, mais plusieurs personnes contactées doutent de cette reprise).

Là où le bât blesse plus encore, c’est qu’il n’y a aucune commune mesure entre la taille de la carrière existante et celle du projet : ce que le BRGM et la DRIRE qualifie de « grande carrière », capable d’extraire au moins ses 400 000 t de granulats ! Un tonnage et des investissements qui a priori ne sont à la portée que des Daniel, Laborde, ou de multinationales tels Lafarge, Italcementi (CSM).

Aussi est-il, à mon avis, relativement improbable qu’une si petite entreprise, disposant d’un capital aussi minime et dont l’actuelle direction est à la veille de la retraite, puisse seule réaliser les investissements considérables que réclame le projet : d’une part, seulement une faible partie des matériels utilisés à Coustey serait transférée ; et surtout, l’ampleur et le degré d’automatisation des matériels et installations prévus à Iseste imposent une capacité de financement exceptionnelle, hors de portée du demandeur. Et cela, d’autant plus que, si Soubercaze tient à réaliser ces investissements dans l’optique de protection environnementale définie dans le rapport d’impacts, leur montant risque fort de devoir être largement majoré ! – rappelons qu’étant donné le coût d’un simple bâchage des concasseurs de Lacrouts, Lafarge en a repoussé à 2012 la réalisation !

 

Cela signifie, pour moi, clairement que les Soubercaze dispose d’un puissant appui dont il ne serait que le prête-nom commode – la population a plus de sympathie pour un artisan réputé consciencieux que pour un Lafarge ! –, ou un futur sous-traitant si, d’aventure, le fils reprenait la direction de « l’affaire ».

 

Un élément important vient accréditer cette thèse : il n’y a parmi les documents fournis pas la  moindre analyse de la totalité des moyens financiers à engager dans l’opération projetée

A part une estimation du coût final de remise en état des zones exploitées (280 000 €), et celle du coût total des aménagements et mesures de protection (326 700 €, un chiffre certainement minoré !), on ne trouve dans le dossier que quelques données bancaires sur la solidité financière de la petite exploitation de Coustey, manifestement gérée en bon père de famille ! Or sa gestion, aussi irréprochable soit-elle, ne permet de tirer aucune conclusion sur les capacités du demandeur à assumer les énormes investissements que réclame la nouvelle carrière – d’autant que l’achat à prix élevé des parcelles constituant son emprise (30 ha) a dû entamer sérieusement son capital personnel.

De toute façon, quel que soit l’éventuel exploitant, les nuisances seront à la mesure de l’ampleur du projet.

 

 

• Loi du silence sur ces points fondamentaux…

Il est certain que ni le repreneur éventuel ni a priori les Soubercaze, pas plus qu’une administration ou certains élus désireux de répondre aux considérables besoins aquitains en granulats que réclame leur politique de développement des LGV et autres voies rapides, n’ont intérêt à ce que soient clairement posées la question financière et ses implications.

 

 

 

Le 1er avril 2010,

l’Alain d’Iseste.

Par claac-pyrenees-atlantiques.over-blog.com - Publié dans : projet de carrière Iseste-Bielle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus